jeudi 15 mars 2012

霊界よりあなたへのメッセージ Rétribution




« La voix dans ses rêves est la voix de la vérité. » dit le psychiatre de Rétribution, à propos d’un agent de la circulation qui toutes les nuits rêve de la victime d’un accident. On peut traduire cela par une autre sentence : les fantômes sont l’expression de la vérité.
Les fantômes qui nous hantent sont la vérité de notre âme et de nos actes, que l’on se refuse à regarder en face. Ce fantôme, est toujours là, tapi dans les recoins les plus obscurs de notre conscience, et il nous observe. Et son oeil jamais ne cile.

Rétribution (Sakebi, 2006)


Rétrospective Kiyoshi Kurosawa à la Cinémathèque française.
Du 14 mars au 19 avril 2012
Le programme ici

mercredi 14 mars 2012

霊界よりあなたへのメッセージ Kiyoshi Kurosawa




Au programme des prochains jours : des yakuzas sans code d’honneur, Koji Yakucho dédoublé, des collégiens hantés, des salarymen dépressifs, la do-re-mi-fa girl, des dieux-arbres, un assassin hypnotiseur, le gardien de l’enfer, une momie japonaise, des agents d’assurance possédés, des fantômes en robe rouge,  des fantômes désarticulés à la glaciale beauté,  des fantômes flous mais que l’on peut saisir, des fantômes de fillettes - ceux là sont les plus tristes, et les belles méduses  du fleuve de Tokyo.
Nous nous rappelerons les mots définitifs de Chris Marker dans Sans soleil :
« Les films d’épouvante japonais ont la beauté sournoise de certains cadavres. »

mardi 13 mars 2012

vendredi 9 mars 2012

Balthus, version japonaise




Balthus a de longue date noué des liens avec la culture japonaise. Envoyé par Malraux en mission au Japon en 1961, il y rencontra son épouse, Setsuko Ikeda, qui deviendra le modèle de plusieurs de ses œuvres (La Japonaise au miroir, par exemple). Le photographe Shinoyama Kishin fit le voyage jusqu’à Genève pour mettre en scène le peintre avec une jeune fille blonde très «alicienne». On comprend ce qui attire les Japonais chez Balthus, en premier lieu cette représentation féminine juvénile, où l’érotisme nait d’une série de contraintes du corps. Nous ne sommes pas dans le shibari mais le corps est néanmoins dominé par les lignes dures des décors ou des meubles. Il y a aussi les chats aux traits presque humains, compagnons des jeunes filles, ironiques et un peu voyeurs.
L’imaginaire balthusien a imprégné la culture japonaise, au même titre que celui de Bellmer ou de Bataille, et on en retrouve la trace chez Suehiro Maruo, l’illustrateur eroguro, dont les adolescentes se retrouvent brisées en des postures douloureuses. 
L’une des dernières variations japonaises sur l’œuvre de Balthus est l’une des plus spectaculaires. Le photographe Hisaji Hara s’est livré à une série de relectures de peintures et dessins célèbres, en mettant en scène un couple de lycéens. Si les décors et mobilier ne sont pas reproduits à l’identique, la dureté persiste dans les contrastes du noir et blanc, sa finesse comme découpée au scalpel. Hara s’autorise aussi d’étranges libertés, comme de transposer les personnages de «La Montagne» dans l’intérieur glacé et carrelé d’une salle d’opération chirurgicale. Si leurs regards sont parfois lointain, des sourires amusés flottent légèrement sur les visages de ses modèles. Ces déplacements ironiques, font des photographies d’Hara bien autre chose que de simples «tableaux vivants». En traversant le miroir balthusien, les jeunes filles - et les jeunes garçons - en uniformes entrent dans le monde qui leur convient le mieux, celui d’une théâtralité des sentiments où l’émotion affleure sous la froideur et la cruauté. 















Le site de Hisaji Hara ici

jeudi 8 mars 2012

mercredi 7 mars 2012

Did you watch Dead and Buried ?

Lorsque Shinji Aoyama me prend par les sentiments (Tokyo Koen, 2011)






Dead and Buried (1981) de Gary Sherman




Dans Tokyo Koen, Koji et Misaki regardent une série Z nommée "Vampire Zombies" dont Aoyama a conçu jusqu'à la jaquette du DVD.

mardi 6 mars 2012

Je ne suis jamais sorti du musée

Dressed To Kill (Brian De Palma, 1981)

Toujours j’en reviens à la scène du musée de Pulsions (Dressed to Kill), moment fondateur de ma cinéphilie. Lorsque j’écrivais ma maîtrise, presque entièrement consacrée à la séquence, ce musée newyorkais, surplombé par la statue de Diane chasseresse, je l’ai arpenté, pendant des mois en compagnie d’Angie Dickinson. J’y suis revenu souvent depuis, mais particulièrement depuis deux ans lorsque j’en fais l’analyse avec mes étudiants. 
Cette fois-ci, je leur soumettais un problème que pose l’analyse de film. Un film se déroule linéairement alors que l’analyse s’élabore de façon volumétrique. On devrait pouvoir considérer l’analyse comme la modélisation d’un objet de réflexion filmique. C’est-à-dire pouvoir comparer des scènes ou des plans espacés dans le temps en les juxtaposant, ce que ni le matériel (un seul lecteur DVD) ni le temps et le salaire des chargés de cours ne permet de faire. Il y a dans la scène du musée de Pulsions la tentation par De Palma de justement créer un espace virtuel, où le film procède à son auto-analyse. Ce sont par exemple les flash-back incrustés dans l’image-même. 



Ou les dédoublements de la figure de Kate Miller. Ici : elle croise son double, une bourgeoise blonde, se promenant calmement dans le musée, alors qu’elle-même est déjà exorbitée par son désir.




Mais on aimerait aller plus loin et vraiment démonter et remonter la scène et mettre au jour les autres films, cachés, qui se jouent dans les allées et couloirs.
Ainsi, j’incitais mes élèves à regarder les arrières plans, ces petites saynètes, qui font dévier le statut du musée de lieu déterminé où l’on vient pour une occupation précise (regarder des œuvres d’art) à un lieu flou de drague et d’approches sexuelles.
Ainsi, Kate observe amusée, un homme aborder une femme seule. Comme chez Hitchcock les hommes sont toujours brun et les femmes blondes (c’est le petit détail qui aurait déjà dû perdre Michael Caine : un homme blond ne peut-être qu’une femme).
Au cours de la scène du musée, on retrouve plusieurs fois ce couple et l’on suit la progression de leur relation. 
Jusqu’à ce plan, un peu terrifiant, où il marchent derrière l’homme aux lunettes noires, l’amant chimérique que Kate poursuit à travers les couloirs. Un trio de spectres qui accompagne Kate dans sa marche fatale vers la mort.








Les «locations» de Dressed to Kill à New York ici

dimanche 4 mars 2012

Images d'Alphaville



Ce matin, faisant le tour de mes blogs amis, je tombe sur la superbe affiche danoise, très ligne claire, d’Alphaville (voir ci-dessous «Lemmy’s moerkelige eventyr») - sur le blog d’Art Tatum, ici. Je décide alors de faire une collecte d’images sur Internet. Certaines affiches sont très modernes comme l’américaine ou bien sûr, la tchèque. D’autres comme les italiennes et allemandes tirent Alphaville du côté du film de genre, comme une nouvelle aventure de Lemmy Caution / Eddie Constantine ou un succédané des Mabuse sixties d’Ahard Reinl. Alphaville eut même l’honneur de faire la couverture de "Cliff Corner", un magazine allemande spécialisé dans les «krimis». On trouve également une curieuse annonce française du tournage en bande dessinée. Et après tout, pourquoi pas, puisque Godard a également conçu Alphaville comme un pulp poétique, un roman de gare d’avant garde ou un comic pop art.