mardi 20 mars 2012

霊界よりあなたへのメッセージ Kiyoshi Kurosawa, téléfilms 1




Les quatre téléfilms de Kiyoshi Kurosawa présentés dans le programme 1 sont indispensables sans pour autant compter parmi le meilleur du maître. 
Le premier est un épisode de la série 15 ans l’âge des passions (1992), une romance entre collégiens. L’intérêt principal est la professeur d’anglais qui donne des cours particuliers au jeune héros. Entre eux plane une diffuse mais bien présence attraction sexuelle, renforcée par le tailleur rouge du professeur. Fantôme ou séductrice la femme trouble et troublante chez Kurosawa est donc toujours vêtue de rouge. 
Le même décor de collège et une partie du casting se retrouve dans "Hanako-san" (1994), un épisode de la série Gakko no kaidan (l’école des fantômes). Hanako, à l’inverse de la légende urbaine la concernant, n’est pas ici une petite fille hantant les toilettes des filles. C’est un spectre adulte qui rôde plutôt dans les toilettes des garçons. Elle conserve cependant le vêtement rouge de son modèle. Est-ce une version spectrale de la professeur prête à séduire et dévorer son élève ? Si Hanako-chan, dans sa version originale (une fillette à la robe rouge sang apparaissant dans les toilettes des filles et les faisant tomber en syncope), peut se lire comme l’allégorie de la puberté féminine, ici le fantôme peine à représenter quoi que ce soit. Dans la figuration d’un collège hanté, Kurosawa fera beaucoup mieux avec Conte mystérieux d’une fermeture d’école, autre épisode des Gakko no kaidan présenté dans le programme 2.
"Qui est cette fille ?" (1994), l’autre téléfilm de fantôme davantage réussi. Il s’agit de la classique histoire de la nouvelle élève, n’arrivant pas à s’intégrer dans sa classe, hantée par une collégienne fantôme. Kurosawa est cette fois bien plus à l’aise avec l’architecture du collège. On note un beau plan, inquiétant, du haut d’un escalier où elle entraperçoit d’autres élèves en train de fumer. Par le cadrage, qui coupe les têtes, et ne laisse voir que les mains, Kurosawa introduit un sentiment de menace (expression de la paranoïa de l’héroïne), alors qu’il ne s’agit en définitive que de sympathiques garnements.  
Le téléfilm le plus réussi est "Un écolier sans code d’honneur" (1993), de la série Watanabe, étrange mélange entre My favourite Martian et une chronique familiale à la Ozu. Ici ce n’est sans doute pas Watanabe, l’extraterrestre (d’ailleurs très discret malgré son accoutrement) qui intéresse Kurosawa. L’épisode se concentre sur les tentatives d’un père de famille, employé de bureau effacé, pour reconquérir l’affection de son fils, un collégien stressé par ses examens (et surtout sa mère). La soumission du père à son entreprise, le conflit avec son fils qui le méprise, rappelle Ozu mais anticipe surtout Tokyo Sonata.

Rétrospective Kiyoshi Kurosawa à la Cinémathèque française.
Du 14 mars au 19 avril 2012
Le programme ici

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