mardi 28 septembre 2010

Le Parc (jour & nuit)




Musique de Paul Mercer composée pour L'Étoile de mer de Man Ray.

jeudi 9 septembre 2010

Cinéroman 5 : Tokyo, Niort et le fantôme de David Warner




J'avais croisé ce touriste occidental un soir, à un passage clouté de Shinjuku, et noté sa ressemblance avec l'inquiétant acteur anglais David Warner. Un peu oublié maintenant, Warner interprétait l'idiot que protège Dustin Hoffman dans Les Chiens de pailles de Peckinpah, le photographe de La Malédiction ou encore le suave Jack l'éventreur de C'était demain de Nicholas Meyer.



Ce dernier film m'avait beaucoup marqué il y a une vingtaine d'année : Jack l'éventreur empruntait la machine à remonter le temps d'HG Wells et débarquait dans le San Francisco des années 70. Ce monde de guerres et de crimes, vouant un culte à la violence, a été fait pour moi, ironisait-il. Je pensais alors à Miso Soup de Murakami Ryu, où un psychopathe américain met le feu à des SDF dans les parcs et assassine les hôtesses de bar. J'entrais dans Kabukicho...
Le 14 août, dans l'avion qui me ramenait en France, je retrouvais le touriste de Shinjuku. Coïncidence intrigante mais pas plus troublante que ça. L’homme était donc probablement français. L’observant depuis mon siège, je notais à nouveau la ressemblance avec David Warner : le même casque de cheveux gris, les mêmes lèvres fines et surtout l'étrange regard un peu hypnotique. Puis je replongeais dans mon humeur maussade. Goodbye Shinjuku, farewell Kabukicho.
A la frénésie tokyoïte allait succéder un retranchement parisien et une masse de travail en retard. Je devais en premier lieu rédiger un document pédagogique sur Douches froides le beau Teen Movie d'Antony Cordier. Le 8 septembre, pour inciter les professeurs à inscrire le film à leur programme, je me rendais à Niort dans les Deux-Sèvres pour une journée de rencontre avec le cinéaste qui présentait également son dernier film, Happy Few. Dans cette petite ville coquette et très calme, j'étais bien loin des néons de Shinjuku.
Pendant le débat, parmi la petite vingtaine de spectateurs, je remarquais un homme m'évoquant curieusement David Warner, l’inquiétant acteur anglais, l'interprète des Chiens de Paille de ... Il me fallu quelques instant pour réaliser que dans cette salle de réunion, à Niort, dans les Deux-Sèvres, parmi les professeurs, se tenait le touriste français de Shinjuku. A la fin du débat, j’en touchais un mot à l'organisateur. Celui-ci m’assura qu’en effet il s’agissait d’un ami professeur qui avait passé ses vacances au Japon. Il me présenta alors l'homme qui me confirma être bien rentré le 14 août par l'avion de 11h 30. Plus surprenant encore, il était arrivé au Japon le 14 juillet, par la compagnie ANA, soit exactement le même jour que moi. A l'aller nous avions également voyagé sur le même vol.
Si j'avais remarqué cet homme ce jour là à Shinjuku ce n'était peut-être pas seulement à cause de sa ressemblance avec David Warner. Sans doute l'avais-je déjà croisé dans un festival, pendant d'autres rencontres pédagogiques et l'avais-je en fait reconnu au Japon sans en avoir conscience.
Le soir, je m'amusais à tourner un petit film lynchien dans mon hôtel.

mardi 7 septembre 2010

Carrie, version infernale japonaise

Un grand plaisir du cinéphile collectionneur à Tokyo sont les fameux "pamphlet", ces livrets vendus aux spectateurs à la sortie des films. Ici celui de Carrie de Brian de Palma, et sa splendide mise en page en éclaboussures rouges et bleues.














mercredi 1 septembre 2010

Cinéroman 4 : La fille du lac


Il y a quelques années j'achetais ces photos dans un vide-grenier ; elles étaient perdues dans un carton, au milieu de centaines d'autres : mariages, premières communion, repas dominicaux... images très eustachiennes ; mais celles-ci étaient différentes. Tout de suite, elles m'ont accrochées
C'est toi, bien sûr, qui m'as intrigué, avec tes faux airs de Simone Simon. Et ce lac. Et une certaine atmosphère de fatalité et de solitude. On dirait les images d'un film noir américain, adapté de James Cain peut-être, ou français, un Clouzot grisâtre et désespéré.
Toi et ton compagnon, cet homme au visage sans charme, vous semblez perdu au milieu du grand lac, presque un marais, dans la lumière basse de la fin d'après-midi. C'est l'arrière saison, encore douce dans le sud de la France, et même si l'eau commence à se refroidir, tu souris tout de même lorsqu'il te dit : " Allez, recule un peu plus, tu as encore pieds, je te prends en photo."
Tu souris alors que déjà tombe ce crépuscule si particulier à la campagne, un peu rouge et marron, qui étouffe les rêves et les espoirs.